Intervention cM du 09 avril 2026

Monsieur le Maire, Mesdames et messieurs les conseillers,

Le rapport d’orientation budgétaire qui vient de nous être présenté est le même que celui qui a servi de support au débat du 12 février dernier. Débat au cours duquel notre précédente minorité était intervenue. C’était l’occasion de faire le bilan de la gestion financière de la commune depuis 2019 et d’apprécier la situation laissée à la future majorité, la vôtre donc M. le maire

En fonctionnement, les dépenses ont été contenues tout au long du mandat. Ce qui est un point positif au premier regard. Seulement… la promesse d’une police municipale n’a jamais vu le jour et l’occupation du poste lié au développement durable a été particulièrement éphémère. On peut en conclure que l’offre de service n’a guère évolué malgré les intentions affichées par la précédente majorité.

Pourtant, les recettes ont été en constante augmentation, +31% sur le mandat (de 5,8 M€ en 2019 à 7,6 M€ en 2025) et ont largement compensé l’inflation, +16% sur la même période. La croissance de la fiscalité y a largement contribué, +52% (3,3 M€ à 5,0 M€). On relève aussi que de nombreux biens communaux ont été cédés, contribuant aux recettes mais réduisant de fait le patrimoine disponible. 

Des dépenses stables, des recettes en forte augmentation, les résultats affichés auront toujours été très positifs et auront permis de dégager une épargne importante vers la section d’investissement et de valoriser le ratio de désendettement.  On peut donc interroger la pertinence de l’augmentation du taux communal sur le foncier bâti. Pourquoi avoir augmenté la fiscalité ? Pourquoi les services rendus à la population n’ont pas été améliorés ? 

Je vous propose une lecture. Face au poids irraisonné de la dette, l’ambition aura toujours été de dégager un maximum d’autofinancement. Et ce constat est étayé par le bilan de la section investissement.

Tout d’abord, il a fallu attendre que la chaudière de Ballard soit HS avant de la remplacer ou encore que la médiathèque et Chateaubriand prennent l’eau avant d’envisager la réfection des toitures. Pourquoi ne pas avoir réalisé un entretien plus rigoureux du patrimoine alors qu’on nous a dit et répété que les finances sont saines ?

Les autorisations de programmes, ensuite, de manière générale, n’ont cessé de faire le yoyo, particulièrement l’AP rénovation énergétique. Dotée initialement de 4,2 M€, elle a été révisée à 1,2 M€ pour enfin se stabiliser à 2,1M€. Difficile d’y voir clair à moins de prendre le filtre de la chambre régionale des comptes qui invitait en 2023 la majorité à augmenter les recettes, contraindre les charges et réduire l’investissement au strict nécessaire. Cette tension budgétaire a réduit les marges de manœuvre, empêchant la collectivité d’actionner certains leviers de financement, comme le plan de relance de l’État par exemple. Une politique ambitieuse de rénovation énergétique des bâtiments n’a donc pas pu voir le jour.

Je vous propose donc la même lecture. Face au poids irraisonné de la dette, l’ambition aura toujours été de dégager un maximum d’autofinancement.

Le projet salle de tennis est un autre sujet, voté en 2025, incontournable nous en sommes d’accord, qui ne pèse pas sur le bilan mais sur la prospective. C’est donc l’occasion de se projeter sur les prochaines années.

Un emprunt de 900 000 €, évoqué dès 2024, est prévu pour 2026. Résultat, la dette en capital augmente (de 4.3M€ en 2026) à 4.6M€ en 2027. Malgré les gros efforts de désendettement, la situation reste donc fragile et la prudence de mise.

Ce constat, cumulé au report de déficit sur 2026, au solde des AP rénovation énergétique et salle de tennis, aux subventions d’investissements inscrites mais non acquises, au recul de la DGF pour participer au désendettement de l’Etat, montre que l’équation financière est complexe. Elle est en partie subie étant donné le contexte général mais elle est surtout héritée des choix politiques des mandats précédents.

Cette prospective dresse donc un tableau peu reluisant. Les marges de manœuvre sont restreintes, en l’état actuel le solde disponible pour de nouvelles dépenses d’investissement s’élève à 1,1 M€, répartis sur les trois prochaines années. 

Nous prenons donc acte de la situation financière de la commune. Nous serons vigilants sur les choix que vous ferez, d’autant plus que nous sommes sceptiques sur notre capacité à financer vos promesses faites pendant la campagne électorale.