Conseil municipal du 12 février

Dernier conseil municipal de la mandature. Voici les interventions de la minorité:

Liminaire

Mesdames et messieurs les conseillers municipaux, c’est le dernier conseil municipal de ce mandat, je ne vous apprends rien…

Depuis le changement à la tête de la mairie ET considérant l’échéance qui approche,

Nous nous attendions à ce que la majorité atrophiée ouvre davantage la discussion, s’intéresse aux problématiques des uns ET des autres, améliore l’exercice démocratique en somme.

On a bien eu, il faut le reconnaître, deux concertations initiées par les services pour préparer l’élection du nouveau maire et la répartition au sein des commissions.

Mais c’est à peu près tout… Et les choix autoritaires perdurent… Laissez-moi l’illustrer.

Tournée de voirie la semaine dernière. Traditionnellement le conseil municipal est invité. Cette année, rien, pas d’invitation. Pour qui, pourquoi ? On ne sait pas.

On a dû réclamer auprès du maire notre participation à cette tournée de voirie. Une seule personne autorisée, point barre ! Le maire a décidé, le maire imposé.

Je pourrais revenir aussi sur les documents préparatoires au conseil municipal, ils arrivent comme toujours la veille des commissions,

de manière à bien entraver l’action de notre minorité et aussi celle de la dissidence, loin, très loin d’un esprit démocratique.

Mais, je voudrais m’attarder sur un autre élément.

Annoncé dans un premier temps le 19 février, le conseil municipal a été avancé d’une semaine, aujourd’hui donc. Nous l’avons appris il y 15 jours.

Sans concertation évidemment, sans s’inquiéter de l’agenda de notre minorité ni de celui de la dissidence.

Pour justifier, on nous a d’abord dit « le DGA sera absent ». Autre son de cloche, « le maire sera absent ». Puis revenant à la charge quelques jours plus tard, « La DGS sera absente et aussi huit des élus de la majorité partent en vacances ».

Beaucoup trop confus M. le maire. !

Mettez-vous à notre place, qu’en penser, qu’en retenir ? Les arguments changent selon l’interlocuteur et le moment de la semaine.

Qu’est-ce que ça cache ? On ne sait pas, mais visiblement vous n’assumez pas votre choix.

Mettez-vous à notre place, que faire ? En effet, nous avons, nous minorité, réservé de longue date auprès des services de la mairie, la salle Manon des sources de l’espace Marcel Pagnol. Ce soir à 20h15 ! Nous tenons notre première réunion publique de campagne électorale.

Mettez-vous à notre place, nous risquons d’arriver en retard alors que nous présentons les membres de la liste dont nous faisons partie.

Vous nous avez bien proposé d’avancer le conseil d’un voire deux jours.

Mais M. le maire, une réunion publique, ça se prépare, ça ne s’improvise pas !

Nous ne vous remercions pas, M. le maire, pour le manque de concertation et l’absence de considération !

Et nous prenons acte que les choix autoritaires perdurent.

Mesdames et messieurs les conseillers municipaux, pour nombre d’entre nous, ce fut le premier mandat.

La totalité de la minorité et une partie de la majorité ont découvert l’exercice politique sous l’autoritarisme d’un maire, aujourd’hui démissionnaire, loin, très loin de l’esprit démocratique.

Rappelez-vous, nous ne sommes plus les seuls à le dénoncer.

Le groupe dissident de l’ex-majorité utilise cet argument pour justifier son opposition actuelle et tenter d’exister.

Pour certains d’entre vous, en revanche, ce ne fut pas le premier mandat, mais le deuxième voire le troisième mandat.

Et les différentes oppositions d’alors dénonçaient déjà l’autoritarisme du maire.

Vous avez tous fermés les yeux, vous avez tous accepté d’être réduits à des godillots ou à des porte-flingues, vous vous êtes tous gargarisés en nous réduisant à des pinailleurs jamais satisfaits.

Et curieusement, il y a moins de six mois, patatras.

Scission, dissidence, trahison… Etalage de rancœurs, règlements de compte… les guilériennes et les guilériens en ont eu honte.

Puis, nouveau maire, nouvelle opposition, nouvelle campagne électorale…

On en oublierait presque toute l’histoire de ces trois mandats

Que la dissidence et la majorité atrophiée doivent assumer dans son intégralité.

L’autoritarisme, c’est vous, vous tous, majorité atrophiée et dissidence !

Il y a environ un an de cela, nous vous adressions un mail stipulant notre disponibilité à travailler avec la majorité sur le sujet de la modification du réseau de transports en commun et à porter collectivement ce sujet à la métropole.

Nous en discutions avec Mme Morvan aux repas des ainées quelques semaines auparavant.

Nous avions en effet organisé une réunion publique animée par M. Nedelec, le vice-président en charge des mobilités à la métropole. Nous avions des éléments à apporter au débat.

Alors, nous avons bien reçu une réponse des services municipaux précisant que nous serions recontactés le cas échéant.

Mais c’en est resté là, les nouveaux tracés entreront en vigueur après demain et, d’après les premiers retours, ce n’est pas certain que le cas guilérien ait été suffisamment défendu.

Par un travail collectif, davantage de transparence, nous aurions pu défendre ensemble l’intérêt de Guilers. Ce n’est pas le cas.

Curieusement en revanche, le travail collectif, la transparence, l’intérêt général sont devenus des thématiques à la mode à Guilers… En tout cas, pour les élections !

Mais, mesdames et messieurs les conseils municipaux… tout ça, c’est ce qu’on répète depuis six ans, c’est ce qu’on réclame depuis six ans, c’est ce qu’on attend depuis six ans.

Serions-nous des précurseurs ?

Serions-nous les originaux et vous les pâles copies ?

Ou seriez-vous de simples opportunistes ?

Seriez-vous capables de tout pour conserver le pouvoir ?

Si, VOUS, vous voulez conserver le pouvoir, NOUS, nous voulons le partager !

Merci de votre écoute.

Pas de réponse du maire à nos propos!

Intervention ROB 2026

Monsieur le Maire, Mesdames et messieurs les conseillers,

Ce rapport d’orientation budgétaire intervient dans un contexte particulier, celui des élections municipales qui auront lieu en mars et qui détermineront quelle majorité aura à charge de présenter un budget et de l’exécuter.

Ce dernier conseil municipal de la mandature est l’occasion de faire le bilan de la gestion financière de la commune depuis 2019 et d’apprécier la situation qui sera laissée à la prochaine majorité.

En fonctionnement, les dépenses auront été contenues, ce qui pourrait être un bon point si cela ne rimait pas avec une offre de service qui n’a pas évolué, qui n’a pas répondu aux besoins des guilériens. En témoigne la promesse d’une police municipale qui n’a jamais vu le jour ou le très éphémère poste sur le développement durable traduisant une priorité tout aussi éphémère de la mandature.

Pourtant, les recettes ont été en constante augmentation au fil du mandat, passant de 5 786 000€ en 2019 à 7 631 000 € (+31%), essentiellement due à la croissance de la fiscalité (3 297 000 € à 5 039 000 € ; +52%). La cession de biens communaux a également battu son plein durant le mandat, réduisant de fait le patrimoine disponible. La DGF quant à elle retrouve aujourd’hui le niveau de 2019 après un creux en milieu de mandat.

Dépenses de fonctionnement stables, forte augmentation des recettes de fonctionnement, les résultats auront été très positifs, dégageant ainsi une forte épargne brute. L’ambition aura toujours été de dégager un autofinancement maximum, au détriment des services rendus, une contrainte pour financer la dette. N’en déplaise à Monsieur le Maire, nous répétons nos arguments parce qu’ils sont vrais !

Que dire des investissements ?

Tout d’abord, il a fallu attendre que la chaudière gaz de Ballard soit HS avant de la remplacer ou encore que la médiathèque et Chateaubriand prennent l’eau avant de refaire les toitures. Est-ce là un gage d’entretien rigoureux du patrimoine et d’anticipation ?

Ensuite, les autorisations de programmes, de manière générale, n’ont cessé de faire le yoyo, donnant l’impression de naviguer vue. L’AP rénovation énergétique par exemple a été dotée initialement de 4,2 M€, puis elle a été révisée à 1,2 M€ pour enfin se stabiliser à 2,1M€. Difficile d’y voir clair.

Je ne cite évidemment pas le projet salle de tennis, incontournable nous sommes d’accord, mais qui pèsera sur le prochain mandat. Cette tension budgétaire a aussi réduit les marges de manœuvre, empêchant la collectivité d’actionner certains leviers de financement, comme le plan de relance de l’Etat, faute d’autofinancement. Pour avoir 100€ d’aides, il faut pouvoir mettre 100€ en face. Regrettable.

Quelle est la situation à venir ? Tout d’abord, remercions les services pour ce travail complexe de projection tenant compte d’éléments certains et d’autres plus hypothétiques.

Premièrement, l’emprunt de 900 000 €, évoqué dès 2024, est prévu en 2026, histoire de ne pas entacher davantage le bilan de mandat ! Résultat, une dette en capital qui passe de 4.3M€ en 2026 à 4.6M€ en 2027. Les efforts de désendettement ces 3 dernières années n’auront pas suffi à assainir la situation.

Deuxièmement, 1.5 M€ de report de déficit d’investissement sur 2026, solde de l’AP rénovation énergétique de 0.5M€ et de la salle de tennis de 1.8M€, une enveloppe très minime de 300 000€ pour l’entretien du patrimoine sur chaque exercice. Des subventions d’investissements inscrites mais loin d’être acquises, une DGF en recul pour participer au désendettement de l’Etat, l’équation risque d’être complexe pour la future équipe !

La prospective dresse donc un tableau peu reluisant, estimant à seulement 1 millions d’euro la marge de manœuvre en investissement sur les 3 prochaines années ! N’oublions pas, ce leg est autant celui de Monsieur le Maire que de la nouvelle opposition de M. Colas qui a largement contribué pendant 2 mandats.

En conclusion, nous prenons acte de la situation financière de la commune. Il faudra faire preuve d’imagination et d’abnégation. Un changement de paradigme s’impose aussi, une nouvelle équipe pour une vision nouvelle, nous sommes prêts à relever le défi !

Eléments pour une réponse :

Ne ressortez pas je vous prie cet argument ressassé de la baisse de la DGF depuis 2014 qui a déjà été compensée en 4 années (2019-2022) d’augmentation des recettes fiscales (+2.6M€).

Taux d’épargne brute de 19% en 2021, 2022 et 2025, soit 1/5 du budget de fonctionnement ! Pour rappel Rapport entre l’épargne brute (hors pdts et charges exceptionnels) et les recettes réelles de fonctionnement.

Le ratio de désendettement à 3 ou 4 ans n’est pour nous pas pertinent puisque ce ratio repose sur le niveau de marge brute. Un rétablissement des services avec une section de fonctionnement non dévoyée à l’investissement, ne permettrait pas une marge brute aussi importante.

Enfin, je rappelle les préconisations du rapport de la cour des comptes de 2024 : « être vigilants sur la pression fiscale et le recours à l’emprunt pour des opérations strictement nécessaires ». Une appréciation que nous avons partagée tout au long du mandat et que vous avez malgré vous appliqué sur cette fin de mandat.

L’épargne brute (aussi appelée Capacité d’autofinancement brute) mesure ce qu’il reste de la section de fonctionnement après le paiement des intérêts de la dette. Il s’agit de l’un des soldes intermédiaires de gestion le plus utilisé car le plus pertinent pour apprécier la santé financière d’une collectivité locale.

L’épargne brute est affectée à la couverture d’une partie des dépenses d’investissement (en priorité le remboursement de la dette en capital et, pour le surplus, les dépenses d’équipement).

L’épargne nette (ou Capacité d’autofinancement nette) mesure l’épargne disponible pour les dépenses d’équipement après remboursement du capital de la dette.